L’objet de cet article est de découvrir un peu plus en profondeur deux notions importantes dans la pratique du Qi Gong: le souffle et le mental. Le Qi Gong est une discipline qui utilise le mouvement et les postures statiques. Au cours de la pratique on recherche l’harmonie sur trois points:

  • le mouvement
  • la sensation
  • la respiration

A première vue le corps en mouvement parait le plus important car c’est quelque chose de concret, c’est ce qui parait le plus évident.

Cependant comment se placent le mental et le souffle le sont tout autant, voir plus. Au cours du cheminement dans ce travail on finit par découvrir que le mouvement naît de la sensation et que le Qi, souffle vital, est mû par la respiration.

C’est pourquoi ces trois points sont indissociables et permettent de toucher pleinement les trésors du Qi Gong.

Le mental

On peut considérer le mental comme un océan énergétique à partir duquel toutes les choses se forment et existent. Il contient la matière physique la plus brute jusqu’aux substances spirituelles les plus pures.

Dans le « Tout » comme son nom l’indique tout est contenu: le mouvement, la vibration, la pulsation. L’Univers est dans un mouvement perpétuel, il respire, il vibre et émet de l’énergie en permanence. L’expression de notre mental manifeste le mouvement et la vibration de L’Univers.

En médecine chinoise le Cerveau et le Cœur sont liés. Le Cœur contient l’essence spirituelle de l’Esprit. C’est pourquoi les champs énergétiques et spirituels du Cerveau et du Cœur interagissent entre eux et sont interdépendants.

Le Cerveau est le siège de nos pensées et contrôle les fonctions et les actions du mental tandis que le Cœur contrôle les activités mentales et les mécanismes de la pensée. c’est pourquoi plus le Cœur est en paix plus l’Esprit le sera aussi et plus les pensées seront claires et justes. Dans la pratique du Qi Gong on s’attache souvent à apaiser et relâcher le Cœur pour éclaircir l’Esprit.

L’Esprit du Cœur est chargé de s’occuper des ressentis et contrôle les activités mentales et émotionnelles du corps. Plus il est serein plus le corps sera en harmonie et plus le Qi circulera librement dans le corps. La concentration mentale doit se combiner au Qi. Le degré de développement du Qi dépend donc de la concentration mentale. Si le Qi n’est pas guidé par l’Esprit au travers de la sensation, le corps brûle l’Énergie au lieu de la cultiver et de la laisser circuler librement.

D’où l’importance des pensées: si elles sont positives les organes du corps vont retrouver de la force, si elles sont malveillantes les organes du corps vont se dérégler.

On ne soupçonne pas la puissance du mental, que l’on peut comparer à l’Énergie de la lumière du soleil. La capacité à utiliser la concentration mentale est source de grandes facultés énergétiques et spirituelles.

Cependant on ne doit pas utiliser la volonté, trop de volonté amène des blocages et peut au contraire trop échauffer le mental.

Le processus passe par la régulation du Cœur qui va à son tour relaxer le mental. On peut penser au Cœur comme posé délicatement sur un lac très calme et laisser les pensées intérieures et véritables émerger. Cette émergence devient possible car  le Cœur en paix permet aux  émotions de se réguler, aux tensions de se dissoudre et au Qi de circuler librement.

Le travail du mental dans la pratique du Qi Gong

Dans la pratique du Qi Gong plusieurs méthodes permettent de travailler sur le mental.

  • Être dans l’instant présent: se sentir dans le « maintenant », sentir que tous les attachements se dissolvent dans la conscience. Ressentir un profond sentiment de quiétude.
  • Utiliser la concentration mentale au travers de la sensation: sentir la lumière dorée du soleil traverser le corps. Quand la pratique utilise comme support un animal ou un paysage, ressentir ce paysage, ressentir l’Esprit de l’animal. Le fait de focaliser l’Esprit permet un apaisement des pensées, libère le Cerveau , purifie le corps physique, énergétique et spirituel.
  • Être dans la contemplation: laisser déambuler l’Esprit dans la sensation recherchée au cours de la pratique.

Le souffle

Le souffle permet la circulation du Qi mais il est également un lien entre le corps et l’Esprit. Travailler sur la respiration, sa qualité, son rythme est un moyen pour travailler l’intention mentale et pour agir sur les fonctions physiologiques du corps.

La respiration permet de relier l’organisation des cellules et des tissus aux intentions du mental, il existe un échange entre les deux.

Le rythme respiratoire est directement lié aux pensées et aux émotions. Ainsi les exercices de régulation du souffle sont un moyen à la fois puissant et doux pour équilibrer la santé. A l’inverse l’état émotionnel et la santé sont liés aux mouvements respiratoires.

Le travail du souffle dans la pratique du Qi Gong

Travailler sur la respiration est un moyen d’améliorer la santé. Dans la pratique du Qi Gong il existe plusieurs exercices de respirations.

La respiration permet un échange de Qi:

  • inspirer rassemble l’Énergie, apporte la tonification
  • expirer libère les toxines, amène la relaxation.

Le travail sur l’inspiration amène le Qi vertueux dans le corps, facilite la circulation de l’Énergie et renforce le système immunitaire. Le travail de purgation à travers l’expiration facilite l’expulsion du Qi toxique et ouvre sur la relaxation.

Alterner des inspirations et des expirations profondes stimule le Cœur et a une action bénéfique sur l’ensemble du réseau des vaisseaux sanguins. Inspirer profondément aide l’Énergie Yang du corps à circuler vers le haut et nourrit le Yang pour apaiser l’Esprit. Expirer profondément aide l’Énergie Yin du corps à circuler vers le bas et à évacuer les tensions vers la Terre.

Il arrive aussi qu’au court du travail de respiration on exerce une suspension du souffle de quelques secondes, sans forcer en restant dans la douceur. Soit poumons pleins ce qui permet entre autre de « regarder » avec l’esprit cette suspension, soit poumons vides ce qui permet entre autre de concentrer le Qi dans une zone du corps ou dans un organe choisi. C’est comme un état silencieux. Ce travail de rétention fortifie la circulation du Qi et du Sang et tonifie les organes internes déficients. Il permet également  de tonifier le corps, d’augmenter et d’améliorer la micro circulation dans les cellules et les tissus afin de mieux y absorber le Qi. Il améliore aussi la conscience de la perception.

Il est important de rappeler que ce ne peut être un seul moyen de guérison en cas de maladie déclarée. Les méthodes de Qi Gong sont des aides qui accompagnent le processus de guérison et non des traitements médicaux.

 Méthodes et exercices de respirations en conscience

Asseyez vous confortablement sur une chaise ou sur un coussin de méditation. Prenez un temps de silence pour rentrer tranquillement dans la conscience de votre respiration sans la changer. Les quatre exercices proposés peuvent se faire quand vous en avez envie et peuvent durer cinq minutes comme une heure. Prenez le temps dont vous avez besoin et même quelques minutes sont bénéfiques. Ce n’est pas la quantité mais la qualité du temps que l’on consacre qui est important.

En fonction de l’effet recherché choisissez l’une des quatre propositions suivantes:

  1. comptez vos inspirations, sans perdre le fil des comptes. Ce travail augmente l’Énergie et la vigilance.
  2. suivez votre souffle. Contemplez chaque inspire et chaque expire. Placez votre conscience sur la sensation du souffle, de son flux spontané et de sa rythmique.
  3. observez votre souffle. Observez la réaction des tissus du corps, des organes internes, éventuellement l’arrivée des images mentales tranquilles issues du subconscient.
  4. écoutez votre souffle. Écoutez les « sens » de votre respiration et laissez vous parvenir à l’état de tranquillité, sans partir dans le sommeil ni la torpeur, en restant très présent à l’instant.

Bibliographie pour approfondir le sujet

Article s’appuyant sur le livre suivant:

  • « Traité de Qi Gong Médical – Volume 2: Alchimie énergétique, thérapie du Dao Yin et déviations du Qi » du Professeur Jerry Alan Johnson. aux Éditions Chariot d’Or.